Kara, 11 juin – Renforcement du leadership féminin : des femmes magistrates en formation à Kara
Un atelier de formation sur le thème « Leadership féminin et approche genre » s’est ouvert, le mardi 10 juin à Kara, à l’intention d’une trentaine de femmes magistrates, membres de l’Association Togolaise des Femmes Juges (ATFJ).
Organisée par l’ATFJ, en collaboration avec le ministère de l’Action sociale, de la Solidarité et de la Promotion de la Femme, cette session de cinq jours bénéficie de l’appui technique et financier de la coopération allemande GIZ à travers le projet DEZO (Projet de promotion de la participation-égalité et de l’équité de genre au Togo).
L’objectif est clair : renforcer les compétences des femmes juges en matière de genre et de leadership afin de favoriser leur accès aux postes de décision au sein de l’appareil judiciaire. Il s’agit également d’en faire des actrices du changement, porteuses de valeurs d’équité, de justice et d’égalité, capables d’inspirer les jeunes juristes femmes et de promouvoir une représentation plus inclusive dans le système judiciaire togolais.
Au programme figurent des communications, des ateliers thématiques, des échanges d’expériences ainsi que des réflexions autour des principaux obstacles qui freinent l’ascension des femmes dans les sphères de décision judiciaire. Les participantes seront amenées à élaborer un plan d’actions concret et durable pour faire bouger les lignes.
Dans son discours d’ouverture, le directeur régional de l’Action sociale, Wédé Atoukoussi, a salué l’engagement des femmes magistrates à se former sur une thématique aussi essentielle. Il a exhorté ces dernières à plus de résilience pour favoriser l’émergence de vocations féminines dans la magistrature, pilier fondamental de l’État de droit.
La présidente de l’ATFJ, Mme Soukoude Suzanne Fiawonou, a, pour sa part, dénoncé la faible représentativité des femmes dans les postes stratégiques du pouvoir judiciaire au Togo.
« Beaucoup de femmes n’occupent pas de fonctions de responsabilité, alors que leur regard est essentiel pour une justice plus équitable », a-t-elle souligné. Elle a mis en lumière des freins socioculturels, institutionnels et structurels, mais également un manque de confiance en soi chez certaines femmes, qui constituent autant d’obstacles à franchir.
Quant à la chargée du projet DEZO, Mme Danny Claire Nkurikiye, elle a encouragé les participantes à s’exprimer librement, à partager leurs vécus et à bâtir ensemble une vision commune d’un leadership féminin fort et engagé au sein de la magistrature.


